25/09/2009

De l'eau sur la Lune...

...ou plutôt des particules d'eau !

Quelle découverte ! L'équipe du M3 (Moon Mineralogy Mapper) instrument de la NASA embarqué à bord de la sonde indienne Chandrayaan-1, a publié jeudi dans la revue Science un article qui indique des preuves de la présence de molécules d'eau sur la Lune. Pour Carle Pieters, chercheuse à l'Université de Brown et leader de l'équipe, il s'agit d'un « grand pas qui a été effectué et qui devrait ouvrir la voie à d'autres découvertes importantes ». Ce qui est extraordinaire, c'est que deux autres équipes qui épluchent les données d'instruments d'autres sondes américaines ( le VMIS -Visual and Infrared Mapping Spectrometer- de la sonde Cassini qui étudie en ce moment Saturne et le spectromètre d'une autre sonde nommée EPOXI ) ont publié dans le même temps des résultats qui vont dans le même sens.
Quelles sont alors les implications de cette découverte de molécules d'eau sur Mars ?
Tout d'abord, il ne faut pas croire qu'il y a de l'eau en grande quantité. Olivier Groussin, du laboratoire d'astrophysique de Marseille fait partie de l'équipe qui analyse les données fournies par Epoxi. Il insiste sur le fait qu'il n'y a « pas d'eau liquide en surface mais seulment quelques molécules d'eau accrochées aux minéraux lunaires et qui se sont formées par intéraction entre le vent solaire et la surface de la Lune ». En quantité, cela équivaut à environ « un demi litre d'eau sur la surface d'un terrain de football. Il n'y a donc pas assez d'eau pour pouvoir imaginer l'exploiter aujourd'hui dans le cas d'une mission habitée ».
En tout cas, cette découverte ne remet pas du tout en cause la théorie de la formation de la Lune qui « résulte de l'impact géant entre corps de la taille de Mars avec la Terre ».
Rappelons que la mission Epoxi se situe dans la continuité de celles de Deep Impact, et que la sonde a été  initialement envoyée pour essayer de trouver d'autres océans à la surface d'exoplanète. mais sa mission a été étendue à la rencontre avec la comète de Hartley prévue pour novembre 2010. Affaire à suivre!

24/09/2009

Première digression ...

L'actualité du moment, c'est quand même la grippe A. Impossible d'échapper aux stratégies de protection des uns et des autres. Ce qui m'intéresse dans ce sujet, c'est le vaccin. Je ne peux pas m'empêcher de faire une petit comparaison. Aujourd'hui, un premier vaccin contre le VIH a montré une certaine efficacité qui redonne de l'espoir à toute une communauté (aussi bien les chercheurs que les malades). Combien de temps a-t-il fallu pour en arriver là ? L'expérience en elle-même dure depuis 2003 ! Aujourd'hui aussi, on prévoit des quantité de vaccins contre la grippe A disponibles dès la mi-octobre en France. Où sont les essais pour ceux-là ? Mystère. Mais aujourd'hui c'est surtout l'un des effets secondaires qui m'interpelle : le syndrome de Guillain Barré. Il y a encore quelques mois, je n'en avais jamais entendu parler. Il m'est tombé dessus sans crier gare avant que son nom n'apparaisse dans les médias. Dernière fois en date sur le site internet du Monde Grippe A: un medecin sur deux refuse de se faire vacciner.
Qu'est-ce que c'est en réalité ? Une maladie neurologique rare et auto-immune qui touche environ 1 à 2 personnes sur 100 000 par an en France. Neurologique car elle détruit la gaine de myéline qui entoure chacun de nos nerfs comme un câble autour d'un fil électrique. Auto-immune parce qu'il s'agit de nos propres anticorps qui sont à l'origine de ce dérèglement. Dit comme ça, ce n'est pas si terrible sauf que. Les conséquence de la destruction de cette myéline sont une paralysie des muscles... L'information qui commande à un muscle de se contracter ne passe plus. En principe, cette paralysie est réversible. En principe car il reste parfois des séquelles. On peut se demander où je veux en venir en disant ça ? Simplement préciser un tout petit peu les idées sur ce syndrôme qui n'est pas anodin du tout.

21/09/2009

Les énergies marines c’est bien mais...?


C’est la grande mode en ce moment, les énergies marines sont sous les feux de la rampe. Au large de la Norvège, c’est la première éolienne flottante qui vient d’être inaugurée, en France, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d’une grande plate-forme sur les énergies marines etc… Et pourtant, que sait-on réellement de leur impact sur l’environnement ? Ils sont quelques uns à soulever cette question et notamment Brendan J. Godley et son équipe de l’université d’Exeter, au Royaume Uni. « Notre étude met en lumière le besoin urgent de développer une recherche plus importante sur l’impact des énergies renouvelables marines sur la vie aquatique » souligne-t-il. Comme à chaque fois, il faut bien peser les avantages et les inconvénients de ce type de structures avant de se lancer dans une production et installation à grande échelle. Avec le peu de données qu’ils ont pu recueillir, ces biologistes montrent qu’on n’en sait pas beaucoup à ce sujet. D’un côté, les ouvrages d’origine humaine en mer sont susceptibles de booster localement la biodiversité, on a déjà vu des exemples de récifs artificiels. Mais quant est-il des impacts négatifs ? qui dit pose d’une structure en mer, dit destruction d’habitat, risque de collision, perturbations, bruits etc… Attention donc à ne pas aller trop vite dans la course aux énergies renouvelables. Certes l’urgence est là mais il peut être utile de mesurer les conséquences du déploiement de telles infrastructures !

18/09/2009

Les glaciers des Andes diminuent de volume



Mis à part d'être d'excellents indicateurs du réchauffement climatique, les glaciers de la Cordillère royale en Bolivie sont également essentiels aux habitants. En effet en alimentant le débit des cours d'eau, ils ont un impact direct sur les ressources hydrique de ce pays. Or le volume de ces glaciers diminue. Une équipe réunissant des chercheurs du CNRS, de l'IRD et de l'Université Joseph Fourier de Grenoble révèlent que cette diminution s'est effectuée entre 1975 et 2006. Pour obtenir ce résultat, ils ont utilisé une méthode basée sur la comparaison de photographies aériennes. Ils ont alors mis en évidence une relation très forte entre d'une part, la perte de volume et d'autre part, leur orientation et altitude, relation qu'ils ont appliquée à 376 glaciers. Résultat : s'ils ont peu varié entre 1963 et 1975, ces glaciers ont perdu 43% de leur volume entre 1975 et 2006.
L'évolution des glaciers d'Amérique du Sud est encore mal connue mais leur situation sous les tropiques les rend très sensibles aux changements climatiques. Depuis 20 ans, ils ne cessent de reculer et si ce phénomène se poursuit, il pourrait avoir de graves conséquences sur la disponibilité de l'eau pendant la saison sèche.

copyright image: ©IRD, Wirrmann, Joyce

Les premiers pas (réussis) de Planck


Ca y est ! Le satellite Planck de l'Agence Spatiale Européenne, nous envoie ses images... Et pas n'importe lesquelles. Il nous offre pour commencer sa « première lumière », un relevé cartographique d'une petite région de l'Univers. Le test est réussi, apparemment les données sont excellentes. En attendant la carte complète, c'est parti pour 15 mois de balayage de l'Univers et surtout...d'attente.
Mais commençons par un petit retour en arrière avec la raison pour laquelle Planck est parti dans l'espace.
« Votre mission si vous l'acceptez sera de remonter le plus loin possible dans le temps. » Le 14 mai 2009, la fusée Ariane 5 décolle de Kourou en Guyane avec à son bord le satellite Planck: il embarque un télescope de 1,5 m de diamètre pour traquer le plus ancien rayonnement émis dans l'Univers, le rayonnement fossile. Quelques questions en vrac auxquelles Planck devrait apporter quelques éléments de réponse : Quel est l'âge et la forme de l'Univers ? Quel sera son futur ? L'univers est-il fini? Quand les premières étoiles et les premières galaxies se sont-elles formées? Quelles sont les formes de matières et d'énergie qui emplissent l'Univers ? Autant dire que la plupart des astrophysiciens ont les yeux rivés sur ce satellite. À la clé, une image de l'Univers tel qu'il était 380 000 ans après le Big Bang, il y a donc 13,7 milliards d'années. Impressionnant ! Mais il faudra près de deux ans avant que le traitement des données soient transmises à la communauté scientifique pour qu'elle puisse en tirer des conclusions... Patience patience.

copyright image: ESA, LFI & HFI Consortia. Background optical image: Axel Mellinger